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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Sortir du rythme fou

 

Sylvain Tesson est un aventurier, adepte de l’alpinisme et de la marche. «Sur les chemins noirs», nous le suivons à travers une France retirée, loin de toute agitation. Une randonnée qui donne matière à penser.

 

C’est un drôle de monde, secret, un peu caché, que traverse Sylvain Tesson dans son récit Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016). Loin de la cité contemporaine, agitée et bruyante, l’auteur nous livre ses réflexions sur un pèlerinage en des lieux silencieux, protégés, à l’écart. Il nous invite à nous interroger sur notre civilisation et à agir individuellement, mais sérieusement. Sa méthode paraît évidente, simplissime, naïve même... C’est un cheminement en quatre temps, un rythme à prendre : marcher, regarder, rencontrer, penser.

 

Augmenter sa densité

Il s’agit en premier lieu d’augmenter sa propre densité avant de vouloir porter des messages, de critiquer les autres, de maudire notre civilisation et tous ceux qui nous ont précédés. Cette hygiène de vie et de pensée démarre de la manière la plus simple : en marchant. Lors d’une randonnée, le temps n’a plus le même poids. Il n’a plus la même saveur, ni la même utilité. Il ne s’avale plus, il se goûte. En cheminant à l’allure d’un homme – c’est-à-dire à petite vitesse –, les perspectives changent, le regard s’aiguise, les images s’impriment dans l’œil, dans l’esprit et dans le cœur. On a le temps, on prend le temps... Les perspectives s’agencent bien différemment. Le détail a un intérêt, mais aussi un sens. C’est un jalon pour demain, pour notre propre réflexion puisqu’il intègre notre mémoire. Mémorisé, il réactive sans cesse les impressions, les émotions et les idées emmagasinées tout au long de la marche.

 

Recréer un temps riche

Avec Sylvain Tesson, on découvre que les rencontres sont rares dans cette France hors des sentiers battus, aujourd’hui inconnue. Et les relations bien différentes de celles que nous entretenons dans notre précipitation quotidienne. Il ne s’agit plus d’envoyer un mail et d’ignorer l’autre. Il s’agit de nouer un dialogue, de tricoter un lien avec la personne croisée, même brièvement. A l’heure où l’on conseille aux managers stressés de pratiquer quotidiennement la méditation – un conseil un peu artificiel, il faut bien le dire –, Sylvain Tesson, lui, prend le problème à la racine. Il dit qu’il faut sortir du rythme fou, temporairement, pour recréer un tempsriche et plein, pour réapprendre à regarder, à écouter, à penser. Penser, ce n’est pas citer les paroles des autres. Penser, c’est élaborer et porter une conviction personnelle pour laquelle nous sommes prêts à dialoguer, à discuter, à nous battre même, dans le respect de l’autre.

 

 

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