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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Éduquer ou vendre

 

Le monde évolue : l’éducation serait un business d’avenir. Assez d’idées générales. On rentre dans les business plans et le réalisme... il faut vendre ! Mais vendre quoi ?

 

La revue Books nous propose une livraison pour l’été, riche d’expériences, de réflexions sur LE sujet crucial pour nos sociétés, leur avenir : l’éducation.

 

Il nous ramène aux sujets importants sans trop nous perdre dans l’eldorado intellectuel des technologies.

 

l’IA fait saliver, parler, on mélange tout. Des mots, des expressions jaillissent, de niveau différent, d’intérêt plus ou moins fort, de sens plus ou moins clair : deep learning, data learning , learning, learning, etc  ..... on a un peu l’impression du jeu où on mélange des mots pour créer de magnifiques expressions. Un suivi attentif des posts sur ces sujets est assez éloquent et triste.

 

Si on ne prononce pas  ces expressions on serait  « has been ». Les gens qui parlent d’éducation ont peu souvent « planché » avec régularité devant un public étudiant. La discipline de créer, préparer, dispenser, mettre à jour un cours ne s’applique pas à grand monde.

 

À préparer une intervention, une formation, on constate rapidement que nombreux sont les  intervenants qui vous contactent pour organiser, pour discuter, pour contrôler votre travail. Pour eux aucun doute,  ils appartiennent au monde de l’éducation. Mais ils n’enseignent rien et sont-ils même légitimes dans leurs remarques ?

 

Sur tous ces sujets je propose une idée de base : il est interdit de promouvoir, vanter, vendre un système, des formations, que l’on déconseillerait à ses propres enfants. Qu’en pensez-vous ?

 

Lisez ce numéro de Book,  il vous permettra à la fois de cerner les questions du jour et de revenir à l’essentiel dans l’éducation:

 

1- Se former seul ?

 

Qui enseigne ? Quoi transmettre ? Comment transmettre ? Quand transmettre ? 

 

Certains articles nous disent que ces questions sont parfois dépassées. Chacun doit trouver ses, son, centre(s) d’intérêt et le creuser. Pas faux. Mais c’est très élitiste.

 

Voir notre billet sur Jean Prevost et sa méthode pour apprendre seul.

 

https://www.jean-grimaldidesdra.com/single-post/2018/01/12/Apprendre-seul

 

On rêve de programmes à distance, de produits vendus...

 

Comment intégrer des fondamentaux ?

 

La réalité sera toujours inoxydable !

 

Il faut travailler, apprendre, répéter, il faut un maître, il faut lire, écrire, parler, échanger...

 

Alors à distance ? Peut-être, en partie. 

 

Il est indispensable que les organisations  créent une transparence en assurant la promotion de leur système à distance. Il faudrait imposer des constats d’huissier sur la fréquentation réelle des plateformes. Car enfin sans assiduité, apprend-on ?  Combien de recalés dans ceux qui ne suivent qu’épisodiquement les programmes? Ils auraient un diplôme sans grand effort ?

 

Curieuse époque : les diplômes se dévaluent mais de plus en plus de personnes veulent un diplôme... 

 

2-  Former : l’envie et le jeu, et quand même la discipline.

 

Book dans plusieurs articles démontrent la nécessité de ce levier puissant du jeu, du non-programmé, de l’envie individuelle.

 

Perdus dans un rythme d’acquisition de connaissances et d’évaluations certains jeunes « voient moins le jour que des détenus ». L’image est forte, triste, angoissante.

 

En fait on n’apprend vraiment que deux manières mêlées diversement selon les individus :

 

- un recours à la figure d’un maître transmetteur;

- une utilisation de chemins de traverse et d’école buissonnière. 

 

Le paradoxe est terrible et juste. Il est libérateur car l’individu reste maître mais la société met à disposition un système de transmission de l’essentiel.

 

3- Excellence, enseignement et libertés 

 

Book réserve deux articles à l’exemple finlandais.

 

Cet exemple porté aux nues depuis quelques années se déroule dans une société très homogène de culture, d’appartenance, de vision. La « diversité » est moins prégnante qu’ailleurs.

 

- Exigence et professionnalisme des enseignants mais autonomie pour adapter les lignes de programmes aux besoins des enfants.

 

- École attirante mais n’est pas obligatoire avant 7 ans.

 

- Cadre de vie et architecture scolaire soignés.

 

- Cursus exigeant et formation très sélective pour les enseignants mais pour les enfants la sélection n’est pas de mise !

 

https://www.weforum.org/agenda/2017/10/why-finland-is-tearing-down-walls-in-schools/

 

Il est bien sûr « normal » de ne rien trouver de bon dans le système français dans toutes nos conversations de salon. 

 

Certes le système est en surchauffe. Passer à un système d’éducation de masse a cassé l’outil. 

 

Un travail de tri est nécessaire mais on trouvera quand même des de nombreuses pépites. La difficulté d’un consensus pourra-t-il le permettre? Donner des buts sociaux à l’enseignement  au lieu de la seule finalité de transmettre brouille sans cesse les cartes dans notre pays .

 

4- Inutilité des formations supérieures ?

 

Trop d’années passées dans le supérieur pour pas grand chose !  Le point final de la revue Book est provocateur. Il y a donc certainement un peu de vérité dans les propos ... 

 

Et si ce que l’on apprenait de véritablement important était l’inutile ?

 

Une sorte de bouillon de culture qui ouvre l’esprit, permet de stocker idées, concepts, outils qui serviront un jour. Subrepticement. Nous avons dans le cerveau des « agents dormants » qui se réveilleront et se lèveront quand nécessaire.  Pour changer, pour accepter le nouveau, agencer des idées apparemment contradictoires.

 

Sans bouillon de culture, l’homme serait devenu un simple robot. Ce qui était inutile est l’indispensable liquide amniotique pour grandir.

 

https://www.books.fr/magazines/numero-90-reformer-lecole/

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