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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Ulysse et la volonté de tenir le cap

Gorgé de soleil, envahi par les vents, plein de fureurs et de clameurs, rempli de la vaillance et de la souffrance des guerriers,  « Un été avec Homère » nous parle des hommes et des dieux, de la guerre de Troie, de l’Odyssée d’Ulysse et de nous. Sylvain Tesson préside à ce voyage. Il prépare l’itinéraire, commente les étapes principales et nous provoque pour que Homère devienne notre seul guide, maître de poésie, maître de vie.

 

Tout cela, pour mettre à nu les sentiments les plus profonds de l’homme, de ses attentes, de ses recherches, de son rapport à la nature, de ses relations avec les autres. 

 

Notre époque ne cesse de rechercher le sens des choses et de la vie, et s’il était enfoui dans un poème vieux  de 2500 ans ? Certes, il faut reprendre contact avec une des œuvres majeures de l’esprit humain, mais Sylvain Tesson est là comme initiateur de ce voyage incroyable. Au bout des légendes et des périples, il y a tout simplement la vérité de l’Homme.

 

 

1 - Le monde

 

Face à un contexte difficile, rendant l’action compliquée à mettre en œuvre,  il y a des leviers à toute action bien conduite.

 

Notre époque est-elle si lointaine du monde d’Homère ? Ne faut-il pas tout simplement rechercher les invariants qui toujours seront poursuivis par ce drôle d’animal qu’est l'homme?

 

Les Invariants concernent la nature de l’homme : valeur du courage, nécessité de la constance et de la persévérance, imagination de celui qui veut peser sur les événements.

 

Les Invariants s’attachent également à la connaissance de notre Univers, de sa fragilité, de sa beauté. Ils nous rappellent nos devoirs plus que nos seuls droits.

 

Au-delà des mythes et des légendes, la nature et ses beautés, ses contraintes et son existence fragile reçoivent l’hommage  du poète qui touche notre âme au plus profond. La terre à féconder, la mer à craindre dans sa violence, le ciel à guetter pour l’avenir; l’homme chemine pour construire son destin dans sa liberté souveraine.

 

La nature et ses dieux se rebellent parfois devant l’action stupide, insatiable de l’homme. Y a-t-il grande différence entre le comportement  de notre époque et  celui des guerriers déchaînés et excessifs de l’Illiade et de l’Odyssée ?

 

2 - La lutte

 

Ceux qui réussissent sont ceux qui tiennent et persévèrent envers et contre tout. 

 

Le combat d’Ulysse, malgré les épreuves, est de tenir son cap, en toutes circonstances. Obstiné, tenace, constant, il reprend sans cesse le chemin le menant à son objectif.  Souvent proche de sa perte, il espère toujours rejoindre son foyer, Ithaque, et retrouver Pénélope.  

 

Pour persévérer, Ulysse  joue de sa force, de son immense capacité de finesse et de son imagination pour se libérer: Circé la magicienne, Cyclope, sirènes, éléments déchaînés, rien ne lui résiste.  Symbole de la ruse et de l’habileté, il est habité également d’une insatiable curiosité qui force portes et découvertes.

 

Ces circonstances ne sont-elles pas les figures de ce qui toujours s’oppose à l’homme entreprenant ? Il lui faudra néanmoins attendre la permission des dieux et le moment favorable de l’action.

 

Ulysse revenu chez lui, trouve l’appui des quelques êtres  loyaux qui lui permettent de retrouver sa place dans le monde, après le dur combat.

 

3 - L’équilibre 

 

Celui qui entreprend peut devenir son premier ennemi en abandonnant le raisonnable.

 

 

L’homme, à toute époque, peut tomber dans l’hubris, péché honni du monde grec. L’hubris est une volonté de puissance débridée, une démesure, que rien n’arrête, sauf des catastrophes majeures. 

 

La recherche de la mesure est la marque de cette civilisation. Tout doit y concourir : l’éducation et la formation des hommes, les messages des poètes, la volonté des dieux et  le regard des proches.

 

La mesure, le « rien de trop », s’ils contentent  les dieux, expriment ce qui apporte la sérénité, l’équilibre de vie et le bonheur limité mais réel. Se maîtriser, se limiter, se contenter pour goûter...l’essentiel.

 

La civilisation grecque, avec un choix conscient, apporte une connaissance  si profonde de la nature humaine, de ses travers, de ses espoirs et de ses peines, que l’on est émerveillé à des siècles de distance.

 

L’Odyssée d’Ulysse nous rappelle que tout excès appelle  des corrections données par la nature et les autres hommes. 

 

Le message de l’Iliade et de l’Odyssée est de découvrir le point magique de l’équilibre, où l’homme trouve  tout à la fois le contentement de ses attentes, et la satisfaction de rester fidèle à ce qu’il est.

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