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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Humanisme ? Quézako ?

 

Une de mes chroniques sur l’état de la fonction RH abordait en conclusion la conviction que cette fonction devait développer un nouvel humanisme.

 

La formulation était-elle assez claire ?  Manifestement non, car j’ai reçu, par voie électronique, un petit commentaire vinaigré  d’un universitaire (évidemment) moquant l’expression utilisée.

 

C’est très bien de pousser l’autre à expliciter ses idées. Peut-être, peut-on le faire avec bienveillance et aménité ? Mais ce n’est pas l’usage du monde actuel. Soit.

 

Revenons à l’essentiel, le mot clé « humanisme ». Il faut  creuser pour se l’approprier.

 

1- Ce mot ne peut être réduit à une seule substitution de l’expression valeurs spirituelles. 

 

Ainsi le christianisme n’est pas (qu’) un humanisme. Le débat nous entraînerait loin et dépasse mon propos. On peut se passionner pour l’humanisme sans être croyant. Et être croyant ce n’est pas seulement ou naturellement  être humaniste. On aplatit facilement les choses, la foi de certains d’entre nous dépasse ce cercle.

 

Dans les discours d’entreprises, il était assez fréquent de constater que des francs-maçons s’attachaient à cette expression d’humanisme pour donner à leurs propos et leurs engagements un supplément d’âme. Peut-être n’ont-ils pas vu immédiatement que c’était un marqueur d’appartenance qui faisaient sourire ceux qui n’en sont pas. Là encore, constatons que l’humanisme n’appartient à aucune obédience. La pensée est libre et doit la rester.

 

Pour autant, il faut bien poser un constat: notre action, pour trouver un sens, doit s’ancrer sur des réalités, des messages qui touchent l’homme dans son être profond. Nous les premiers. Difficile, éreintant de mettre un pied devant l’autre si nous ne sommes mus que par la discipline, l’ambition ou le jeu...

 

2- L’humanisme : remettre l’homme au centre.

 

L’humanisme, défini de manière triviale, veut signifier très simplement, très fortement que l’homme doit être mis au centre de nos réflexions, de nos outils, de nos actions. 

 

L’homme et les relations humaines ne doivent pas être chosifiés, encartés, rationalisés. C’est la condition pour que la substance des êtres ne s’évapore. L’alchimie est fragile, il n’y a pas vraiment de demi-mesure. Soit l’humain est réellement pris en compte à son juste niveau. Soit un langage de façade sur les valeurs se fendille et ne trompe personne.

 

L’humanisme veut étudier, comprendre, respecter, protéger l’homme intégral : corps et esprit, intelligence et sentiments. Pour les pratico-pratiques cela impacte naturellement les multiples décisions et options quotidiennes.

 

Les spécialistes de communication ont parfois à leur disposition des « «éléments de langage » pour signifier le recours aux  valeurs. C’est une expression assez laide pour signifier que des mots sont saupoudrés dans les discours et les textes  pour faire référence, pour faire croire ... c’est la comédie du langage convenu. A lécher les mots on perd la réalité.

 

3- Où nourrir sa conviction ?

 

L’humanisme ou la connaissance profonde de l’homme court à toutes les époques. Plus ou moins. Une expression  était utilisée auparavant  : « Les Humanités ».

 

Aucune époque n’est merveilleuse, parfaite. Il faut toujours se méfier du pseudo-âge d’or. On trouve des pépites à tout moment. Seulement certaines époques savent mieux que d’autres exprimer les invariants de l’âme humaine.

 

Il faut bien remarquer que les œuvres classiques qui peuvent nourrir et enrichir nos convictions naissent dans l’Antiquité, dans notre XVI eme et XVII eme siècles.  Des auteurs, des œuvres, des chefs d’œuvres. Mais trop intimidants, à l’image trop scolaire, au style lointain du nôtre. Il faudrait les dépoussiérer.

 

« Un classique est un livre qui a toujours quelque chose à dire »

 

Pour les amateurs de littérature, pourquoi ne pas se plonger dans Marc Fumaroli, académicien au style superbe ?

 

Des vidéos  facilitent les introductions et présentations, un exemple  :

https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_humanites_aujourd_hui_marc_fumaroli.4108

 

 

Pour notre part, nous recommanderons un livre à parcourir, un outil pour picorer, s’interrompre et revenir. Les lectures cursives sont épuisantes et ces alcools sont bien forts. Dégustons, profitons, pas de précipitation, pas d’outrance. Des promenades régulières enrichissent plus certainement que de forcer le pas avec un bachotage inepte.

 

L’anthologie publiée par Omnibus, un gros format poche, est un trésor sans fin : « Manuel de la sagesse antique »par Anne Collagnat.

 

Des articles courts, des textes plus longs, anthologie et dictionnaire, recueil d’aphorismes, on fouille à discrétion dans un trésor qui paraît souvent être écrit dans nos années présentes. 

 

A croire que des invariants qui sommeillent,  se réveillent et frappent à notre porte. Une modernité de langue, de souci stupéfiante. Vous serez surpris, par exemple, par les textes de Sénèque.

 

Un livre à saisir très régulièrement.

 

L’humanisme : Quézako ?

 

C’est  ce qui contribue à donner un sens, une densité à nos paroles, à nos pensées, à nos actions. Sans engrais rien ne pousse.

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