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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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A l'affiche

Pablo ou l’enfantement d’une œuvre

 

 

Le binôme, J Birmant et C  Oubrerie, nous livre une BD alerte et prenante. L’histoire des premières années de Pablo nous est injectée : scènes, couleurs, dialogues. Une vie d’artiste est survolée pour découvrir le noeud de son art.  Son modèle Fernande le suit , c’est notre témoin. Nous profitons de planches magnifiques incrustées dans l’histoire du temps : l’exposition universelle, le cirque, le  Paris des peintres...

 

- Cheminer pour se découvrir 

 

De découvertes en échecs, d’essais en recherches nouvelles, c’est l’histoire, par le menu, d’une vie qui tournera aussi autour de l’argent et des femmes, des drogues, des tentations de toutes sortes qui sont aussi des expérience de cette vie sans en être l’essentiel. La réalité recouvre les clichés.

 

Un créateur ne suit pas une voie académique, lisse et convenue. Il ne répond pas tant à des attentes formulées ou non.  Il accomplit ce qu’il  voit, ce qu’il a en lui. La vie d’un artiste comme Pablo Picasso peut nous faire découvrir les passages et les influences qui concourent à la création. 

 

- Rencontrer pour vivre

 

Aussi brillant soit-il le créateur, l’artiste, ne sera jamais seul. Même contre sa volonté, il heurtera sur son chemin des personnes qui lui ouvriront des possibles ou bien qui seront les témoins de quelque chose à tenter, à percer, à protéger. Les mécènes, les compagnons, les passeurs ont tous leur rôle éphémère. 

 

Les poètes et les autres peintres, proposent  d’autres langages, d’autres perspectives. Ils sont là à un point de bifurcation ou d’intersection. 

 

Ainsi Max Jacob nous évoque la compréhension du non dit, du caché, des ressorts inconnus ou dangereux de l’âme humaine. 

 

Ainsi Appolinaire  qui ouvre, parallèle à l’art plastique,  le champ du langage poétique : ses mystères, son envoûtement, sa mystique. 

 

Ainsi le Montparnasse des années folles qui favorise  les multiples essais et rencontres inattendues.  

 

Ainsi Braque recherchant la lumière, invente le cubisme. 

 

Ce réseau permet à l’artiste de ne pas être seul mais de rester protégé du monde pratique et commun.

 

Les mécènes et les diffuseurs comme les Stein, les Vuillard ou Kahnweiler pour Pablo sont à la fois un public et des clients. Il faut bien vivre, vendre sa production.  Mais au delà, il faut se confronter à un public. Intégrer ses réactions, ses goûts pour trouver sa voix intérieure.

 

- Expérimenter pour créer 

 

La vérité du créateur est rarement dans une réponse à  une demande de produits, d’idées, d’œuvres venant d’une cible particulière. 

 

Cette vérité est dans l’offre décalée de l’individu qui souhaite bouleverser le connu, l’habituel. Pas tant pour provoquer, mais parce qu’il a conscience d’avoir  à délivrer une idée, une œuvre, parfois un message. C’est ainsi que Pablo crée  Les demoiselles d’Avignon.

 

Changer de sujets ou de modèles, changer de style, changer de méthodes, changer de matières, changer de perspectives, changer de convictions, changer d’envies ... tout est bon pour avancer en tâtonnant. 

 

Le milieu extérieur, les paysages, le contexte, l’ambiance  sont des faire-valoirs, des prétextes pour fouiller ce que l’on doit trouver.  Les êtres rencontrés collaborent à cette quête. Sans doute peuvent-ils être blessés de n’être que simples moments et prétextes à l’expression de la vérité d’un artiste. Ils pourraient à l’aune de leur vie plus simple se sentir « floués », trahis, rejetés. Ils restent de simples étapes sur le passage de météores.

 

L’honnêteté ou l’irrespect dans la relation à l’autre n’influeront pas vraiment sur le résultat atteint. C’est d’un autre ordre. En fait, il y a seulement l’œuvre produite, ici et maintenant.

 

Le créateur est totalement auto-centré sur la découverte à faire, nullement sur une relation à établir.

 

Les individus décalés ne se préoccupent pas de plaire ou de répondre à quelque chose, de s’attacher ou de briller. Ils extraient - comme d’une mine- ce à quoi ils croient. Avec un risque d’échecs, d’erreurs inhérent à leur course, à leurs luttes. Trop en avance ? Trop différents ? Ils avancent pourtant et  souffrent souvent de ne pas être perçus sinon compris.

 

Chronique sur ce thème publiée dans la revue Management 

http://www.capital.fr/votre-carriere

 

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