Please reload

Récents

Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

1/8
Please reload

A l'affiche

Billet interdit aux analphabètes diplômés

 

Des rencontres ...

On croise souvent des individus brillants, - certainement si on considère leurs positions - mais qui tiennent absolument à vous dire rapidement qu’ils n’ont pas le temps de lire. Ce qui leur importe c’est le pratico-pratique. Nous devons avoir une tête d’homme-livre. Comme si nous ne connaissions pas le monde et son train d’enfer. Bref ils nous rejouent la scène du faux prolétaire qui n’existe nulle part ... 

 

Une petite histoire pour recadrer les choses.  Dirigeant un diplôme juridique nous avions convenu d’exiger des étudiants la lecture de plusieurs livres -histoire, essais...- avec rédaction d’une note de synthèse, suivie par un échange sur leurs impressions de lecture.
Cet exercice paraissait être une torture pour certains. 

 

Dans une des promotions un syndicaliste, venu par la « petite voie », ancien ouvrier, s’étonnait de ces réactions : «  comment les étudiants ne comprennent -ils pas ? Lire c’est préserver sa liberté ! ». A méditer.

 

Bien des années après, ces jours ci, stationnant dans le hall d’une clinique, voici un homme qui s’avance vers moi et me salue.

- Vous ne devez pas vous rappeler de moi. Je suis un de vos anciens étudiants de Master. Je suis avocat maintenant. Désolé je ne me souviens pas de votre nom, ce n’est pas bien ! Mais j’ai en mémoire une chose : vous nous disiez que le plus important, pour nous, était de lire....
-Et nous avons parlé de son activité...

 

Il ne saura peut-être pas qu’il m’a donné un grand plaisir ce jour là ! Mon nom importait si peu, l’essentiel était transmis.

 

Des maîtres ...

Nos plus fidèles maîtres sont des livres. Longuement choisis ou trouvés au hasard de maraudes. Roman, essais, souvenirs, biographies. Tout est bon si le livre donne à penser. 

 

Voici un rebondissement sur une lecture.

Les sujets de l’éthique s’apparentent à un civisme (de Société et d’entreprise, en déclinant au plus près de notre vie).

Ce thème des valeurs vécues est essentiel comme ciment de nos collectivités. Jacqueline de Romilly dans son maître livre, « Ce que je crois », rappelle le point. Pour conserver des valeurs vécues il y a deux leviers, deux gardes : la Loi, l’Education.

 

Relisons... si nous avons le temps... ce passage qui donne à penser.

 

« ...la loi est une sauvegarde, mais elle a aussi ses limites; et sa force ne peut valoir que si elle se fonde sur une conscience vivante. Par-delà la loi et avant elle, pour garantir l’esprit dans lequel on la suivra, pour savoir délimiter les cas dans lesquels il faudrait éventuellement se résoudre à la mettre entre parenthèses, bref, pour rendre vivant ce respect de l’homme et pour renouer la solidarité de l’Etat, il n’est qu’un moyen...
En effet, il n’y a qu’un domaine où une action soit possible pour réveiller le sens civique, et qu’un domaine où l’on puisse agir pour rendre la violence superflue et inefficace...c’est celui de l’éducation. »

 

Ce que je crois, Livre de Poche, pages 66s

 

Éducation pour les jeunes comme pour les moins jeunes. La Loi seule ne peut s’incarner. Se priver d’un levier du civisme c’est faire disparaître les valeurs qui ne pourront vivre et respirer. Dans tout le corps social comme aussi en entreprise, tout travail, toute action sur l’éthique exigent les deux leviers.

 

Mots clefs :

Facebook
Twitter
Please reload

Please reload