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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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24 mois pour apprendre ... Le temps nécessaire pour former des hommes

 

Me voilà installé confortablement dans un magasin. Je n’achète pas, j’accompagne et donc je regarde...

 

Une vidéo passe sur un mur vantant les produits de la marque, l’œil se détourne et je suis capté.

 

Former un « caoutchoutier » nécessite 24 mois pour maîtriser les 60 opérations de fabrication d’une botte de pluie...

 

Les temps d’attente dans un magasin peuvent être utiles pour notre réflexion !

 

Ai-je bien entendu et regardé cette vidéo qui vante le professionnalisme  nécessaire pour sortir des produits de qualité ?

 

Je vois des managers qui parfois changent d’entreprise avec à la clé un changement du tout au tout de métier et de spécialité.

 

Tout peut-il être universel et valable en tout temps et tout lieu ? Comment espérer par ailleurs personnaliser produits et démarches  pour faire la différence face aux concurrents ?

 

 On quitte les desserts glacés pour passer au caoutchouc; on quitte la pâtisserie pour intégrer un environnement métallurgique; on passe des turbines à la gestion de l’eau. 

 

Les exemples sont nombreux et mes remarques apparaissent non fondées pour certaines personnes : 

 

«  mais oui, on peut passer du « soutif » à la mécanique! »

—- ??

« On applique les mêmes règles simplement à un autre contexte ». Et puis il faut changer tous les  2/3 ans. Sur un poste on fait le tour en une paire d’années ...

—-??

 

Ce « dialogue » me laisse perplexe.

 

En fait on doit avoir affaire à des petits génies ... ils ne connaissent pas le métier de l’entreprise, et après trois mois dans un poste, ils appliquent -soi-disant- des méthodes universelles. 

 

- La connaissance concrète , le réalisme font les différences 

 

La capacité de mesurer et d’agir vite existe pour de rares postes et de rares individus. Bonaparte, avant le Consulat, s’est entraîné plusieurs années en Italie comme en Égypte...

 

Souvent nous avons besoin de nous imprégner du produit, des hommes, de leur culture, des problèmes récurrents pour savoir comment, quand, où, avec qui agir !

 

Cette imprégnation est ce qui permet à nos connaissances antérieures et à nos expériences de ne pas nous pousser au hors-sujet sous prétexte de quelques similitudes.

 

Nous constatons, vous constatez pourtant un certain nombre de « plantages » avec cette religion de la vitesse qui s’impose.

 

24 mois... pour former un caoutchoutier ! Deux mois un cadre sup ?

 

Richard Sennett, dans son livre « Ce que sait  la main » (Albin Michel),rappelle qu’il faut dans de nombreux métiers 10 000 heures pour former un professionnel. Les exemples se retrouvent dans différents types de métiers mais surtout dans différents  siècles ( du joailler sous Saint Louis au technicien de notre époque, pour devenir un vrai professionnel le temps est incompressible).

 

J’ajouterai: le temps est indispensable « pour le hard comme pour le soft » d’un métier.  

 

Le hard, entendons les compétences « dures » d’un métier. Le soft correspond à ce que l’expérience laisse comme traces et marqueurs, non pour la routine mais pour démontrer ce qu’est une maîtrise d’un environnement. Ce sens qui conduit à se poser, ou à poser les questions essentielles. Cette sédimentation qui vous laisse supposer que cette mirifique nouvelle solution a déjà été tentée en  d’autres temps. Le soft c’est une forme d’ « habitus » dans un métier donné qui conforte l’expérience et le bon sens pour agir plutôt comme ceci que comme cela. A la fois capital et réflexe qui évitent de graves erreurs d’appréciation.

 

- L’homme fait encore la différence malgré tout ce que l’on peut raconter

 

Et si nous réévaluions  notre notion du temps ? A trop changer, trop vite, on ne peut que surfer ! 

 

Pour les hommes ? Changer aussi souvent est un leurre : on ne peut imaginer comprendre contexte, questions humaines, produits et chiffres essentiels en quelques semaines ou mois.

 

Pour les organisations obsédées par le changement ? A changer trop de personnes, trop vite, on ne peut guère avoir qu’un résultat médiocre. Les organisations qui maîtrisent le changement sont peut-être celles qui décident de ne pas changer certaines choses  ou certaines personnes...

 

Le temps donne seul la densité, le recul, la maîtrise.

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