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22/01/2018

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Savoir écrire, l’alchimie d’un style

 

Communiquer avec les  autres est un besoin profond pour transmettre ce qui nous est essentiel, pour attirer, pour argumenter, pour former.  Ce besoin existe autant à l’oral et à l’écrit.  Chaque domaine a ses ressorts, ses techniques. Le monde des consultants déploie des trésors d’ingéniosité pour proposer aux responsables les bons produits, les bons outils, les bonnes démarches. Rien n’est inutile.

 

La meilleure recette paraît-il réside en deux mots : lire, écrire.

 

Savoir trouver des maîtres, s’en approcher, comprendre un tout petit peu leurs secrets est un chemin. Cependant s’approcher des plus grands n’est pas réussir automatiquement à  atteindre le style espéré. Lire les grands auteurs est intimidant. Le lycée a dégouté certains d’entre nous de cette fréquentation. C’est dommage, cela nous prive d’idées et de…style.

 

Une lecture bien curieuse de ces derniers jours m’a obligé à saisir ce que pouvait être l’alchimie d’un style. Quels mots, quel rythme ? Quel agencement ? Pour toucher, saisir, faire comprendre.

 

Dimitry Merejkovski, auteur inspiré, d’origine russe, a publié des biographies dérangeantes d’auteurs et d’illustres acteurs de l’histoire. Inspiré, car il recherche toujours les leviers qui ont bouleversé la donne de l’histoire.

 

Son petit ouvrage sur Pascal, l’effrayant génie, (auteur de livres inachevés, chefs d’œuvre de la littérature comme les Lettres à un provincial ou les Pensées)  contient un chapitre sur le style pascalien. ( Grasset, pages 196 et s.).

 

Je note pour mon usage les quelques remarques de Merejkovski. On se sent bien petit. Un maître est là pour nous aider à progresser…

 

La « qualité inoubliable du verbe de Pascal dépend de certaines perfections de sa langue ». 

 

« La première (perfection) on peut la définir mathématiquement comme une loi générale du langage : la puissance du discours est inversement proportionnelle à la quantité de mots; ou esthétiquement, comme le fait Pascal : par la beauté d’omission. » La force de la concision !

 

« La seconde perfection de son langage, c’est la simplicité. « Il faut se refermer, le plus qu’il est possible , dans le simple naturel; ne pas faire grand ce qui est petit, ni petit ce qui est grand. ». La simplicité !

 

« La troisième perfection est la précision. Pascal modifiait ses Pensées de huit à dix fois… » La précision !

 

« La quatrième est l’ordonnance des mots. «  C’est une même balle dont joue l’un et l’autre, mais l’un la place mieux… » L’ordre choisi des mots !

 

«  La cinquième est la suggestion. Il ne faut pas prouver mais suggérer. »  La suggestion prime sur l’argumentation.

 

« La sixième perfection est l’union de la passion et de la pensée… Chacun peut sentir passionnément; rares sont ceux qui savent penser passionnément, comme Pascal. » La pensée passionnée !

 

« Et enfin, la septième perfection, l’essentielle de sa langue : la présence permanente de l’élément antinomique, de l’accord des contraires. Dans chaque goutte d’eau de mer, on sent le sel; dans chaque parole de Pascal, on perçoit l’accord des contraires… » L’accord des contraires !

 

Certaines de ces perfections peuvent nous sembler bien mystérieuses, parfois cachées totalement.  Il faut lire pour découvrir. Un seul conseil accepté et intégré sera déjà un magnifique trésor pour nous.

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