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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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A l'affiche

Cinéma, travail et management. Des parti-pris annonciateurs !

Miroir de notre monde

 

Il est  intéressant de noter que le travail disparaît dans les films récents, ce n'est plus un sujet. On se réalise dans sa vie, mais le travail n'est pas la vie. On arrive parfois à retrouver dans certaines scènes des attitudes que l'on voudrait voir incarner dans le monde du travail, dans nos équipes. Mais c'est par la technique de l'analogie que l'on va cueillir ces scènes. Sur l'apprentissage, sur la cohésion, sur la volonté.

Temps qui use ou temps pendant lequel la personne n'est plus elle même. Le travail est profondément malade au cinéma aussi. Avez vous en tête un film qui redonne un regard positif sur cette activité qui pourtant construit une partie de notre vie ?

Le travail n’est malheureusement vu qu’à la marge : scandales de Wall Street, stagiaires chez Google, livreurs, robots qui travaillent, les humains qui ne travaillent plus  (Trepalium) ... Le cinéma et les séries préfèrent toujours autant le pouvoir, le sexe et la violence.

Le travail pour le cinéma une  mémoire du passé ?

 

 

Le travail vu par le septième art

 

Peut-on faire mieux que le Charlot serrant ses boulons sur le tapis qui défile, surveillé par un contrôleur ou contremaître ? Tous les éléments sont rassemblés: le lieu, triste mais organisé; l'activité simple jusqu'à l'écœurement; la division de travail, ceux qui font et ceux qui contrôlent et enfin la machine qui mène le rythme. Passe aussi devant les yeux les paysans de l'Arbre aux sabots, magnifique film italien. Vie austère, vie rude et misérable. Nous en sommes à la caricature. Mais caricature d'une réalité quand même. Dans les films plus récents, comme par exemple les films de Jaoui, les gens travaillent certes pour un salaire mais c'est simplement une occupation. Pour le cinéma américain,  avec le film Les stagiaires, on pénètre dans le travail moderne des nouvelles entreprises  la Google. On ne fait plus mais on vend, à tout le moins on répond à un client au téléphone. Le travail n'inspire pas grand chose. Ni le beau, ni l'amitié, ni la création. C'est une activité, le travail, sans plus. Assez ennuyeuse, dure aux petits et aux humbles.

 

L'apprentissage vu par le septième art

 

Whiplash. Film terrible et splendide sur l'apprentissage et la transmission. Un jeune a l'ambition de devenir un excellent batteur. Il prend la voie la plus traditionnelle: choisir un professeur, trouver un maître, le meilleur disponible. Retenu, accepté dans la classe de ce professeur, il exulte. Puis il déchante très vite. L'ambiance de la classe est détestable. Le comportement exigeant vis à vis des élèves s'assimile à de l'irrespect, de l'humiliation systématique. Une discipline de répétition, une tension insupportable conduisent à une souffrance mentale, voire physique. L'échec est marqué, stigmatisé par le professeur. La volonté de l'élève annihilée. Rejeté, il s'exclut de cette classe, il tente d'oublier ce professeur, la batterie.

Pourtant il y reviendra, il reprendra le chemin de la batterie et recroisera  ce professeur à l' exigence métallique. L'élève, par  sa discipline du travail, l'obsession, la passion, montrera  sa maîtrise du jeu. Le maître connaît la technique, mais le batteur est seul à produire l'émotion et la réussite du spectacle. Un maître dirige, donne les bases, construit.  Il appartient à l'élève de réaliser, de finir le travail. Le pivot de la transmission est fondamentalement l'élève. Le peut-il ? Le veut-il ? 

 

Le patron vu par le septième art

 

On peut bien regarder ces nouveaux patrons de start-up devenus puissances économiques dans les nouvelles technologies l'imaginaire a déjà choisi, car difficile de vraiment reconnaître ces jeunes ou moins jeunes en tee-shirt.  Le choix instinctif, viscéral va au Gabin des grandes familles. Patriarche, un peu odieux, omniprésent, omniscient. Verbe, attitude, apparence, toute concorde. L'image du Patron. Il ne doute guère de lui, sa force est tranquille, sûre de son droit. Il a un petit quelque chose de droit divin. Patron craint, patron admiré, patron envié. Cela correspond encore à un portrait robot, même si la réalité n'est plus tout  fait la même. Veut-on passer aux temps actuels, faisons le grand écart. Dans Margine Call, la débâcle des banques américaines est décrite violemment. Un conseil d'administration se réunit nuitamment. Il faut dénouer les positions spéculatives, quitte à provoquer une crise. On voit ce patron, au sommet de la pyramide, cynique, intelligent, dominateur avec froideur et souplesse, imposant à ses collaborateurs de faire le sale boulot. Il faut bien le faire... On passe ainsi du patron style Roi-Soleil (Gabin) à un rouage froid et mécanique, digne des démocraties totalitaires dont l'attitude nous révulse mais dont on ne peut même pas retenir le nom.  Anonyme dans la médiocrité d'un pouvoir cynique.

 

L'équipe vue par le septième art

 

Gladiator. La scène du combat des gladiateurs dans l'arène, devant l'empereur, est emblématique. Représentant le combat séculaire de Rome et de la lointaine Carthage, Gladiator se retrouve avec un petit groupe de compagnons. Ils ne savent pas ce qui peut sortir des différentes portes de l'arène. Le message de l'ancien général est fort: "unis nous vaincrons quoiqu'il sorte de là". Il leur demande si certains ont servi dans l'armée. Tout est dit : l'esprit et la technique. Quand les chars aux faux tournantes meurtrières fonceront sur les gladiateurs, la figure de défense romaine, la tortue, fera à nouveau ses preuves. L'apprentissage des techniques, la force des réflexes, les habitudes qui dépassent la peur.

 

La grève vue par le septième art

 

Un téléfilm polonais de Kiezowski, La Grève, est d'un grand réalisme. Une grève va démarrer. Ce moment est saisi du côté "patronal". Ils vont débrayer ? Ils vont défiler ? Ce moment de basculement dans l'action, senti, craint est décrit simplement. On perçoit l'angoisse de celui qui, de coutume, est dans un monde sous contrôle. La grève, c'est le moment où les leviers habituels ne fonctionnent plus. Que vont-ils faire ? Ce monde paraît sorti de l'histoire, on a tort. Tout peut revenir, sur les motifs les plus inattendus.

 

Les salariés vus par le septième art

 

Des Riens du tout. Fabrice Lucchini dans ce film joue le rôle de la dernière chance : relancer un grand magasin avant la fermeture quasi inéluctable. Nous avons droit à une magnifique première visite dans le magasin. Des employés démotivés dans une organisation n'ayant plus grand sens. Le client est le dernier souci de tous. Il y a un magnifique morceau d'anthologie sur la convention sensée remettre clarté et motivation dans le personnel...un brin cynique, le film montre encore des choses possibles, mais si peu. Voilà décrite ces grandes organisations où on joue un jeu, tout en étant démotivé.

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