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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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A l'affiche

Gestion ou exploration, deux espèces d’hommes, de sociétés, de visions.

 

National geographic vient de publier un magnifique album à la gloire des explorateurs français. Une histoire éblouissante de courage, d’intelligence, de panache. La terre, les airs, la mer, que d’aventures et d’inventions ! Aventure, bien souvent, d’hommes solitaires, à la volonté farouche, obsessionnels dans leurs quêtes.

 

Des chapitres courts, des hommes, des femmes, les éléments, de magnifiques photographies pour découvrir, s’étonner, rêver, admirer, célébrer.

 

Qui citer en oubliant de fait tant de noms et tant d’efforts qui firent la gloire de la Société des explorateurs ?

 

Dans les récents, Théodore Monod, l’explorateur des déserts, avec ce dépouillement dans l’action, dans la pensée, qui confine à un mysticisme. Cousteau et la magie des océans, si vite oubliée alors que la mer comme l’espace restent des champs d’exploration fabuleux pour les générations à venir. Au début du XXème siècle, jean Pierre Charcot lançait ses vaisseaux successifs (Pourquoi pas ? I, II, III) à l’assaut de la banquise. La descente du fleuve Niger par Jean Rouch en 1941. Comment ne pas penser encore  à cet aventurier solitaire, Alain Bombard, se nourrissant pendant plus de 110 jours avec les ressources de la mer. En haut des cimes, au fond des mers, des grottes, dans les airs, un même esprit anime ces explorateurs : l’esprit d’aventure, l’esprit de connaissance, découvrir et comprendre, rompre avec le conformisme de la vie quotidienne…

 

 

1- L’explorateur n’est pas seul, une équipe vient en support pendant la préparation,  au cours de l’aventure, ou pour aller plus loin et encore, et encore, ou surmonter les premiers échecs.  Mais la volonté de l’explorateur est unique, première, primordiale. Elle est le moteur à l’initiative de l’aventure. C’est le cordon et l’explosif qui mettent en mouvement les habitudes, les idées installées, qui proposent une autre lecture, une autre vision de ce que l’on peut découvrir.

 

 

2- L’exploration est technique, combien d’outils, de matériels, de procédures à mettre au point. Mais elle est, dans son noyau atomique, passionnément humaine. Avec les limites, les faiblesses mais surtout avec cette incomparable qualité humaine de l’adaptation aux éléments, aux circonstances. L’homme, animal limité mais résilient, inventif, inattendu.

 

3- Nos sociétés, obsédées par la gestion, sont aspirées par un esprit tatillon, les normes à appliquer et à contrôler sont aujourd’hui manifestement l’alpha et l’omega de toute chose, de toute activité. De la mesure toujours et partout devrait sortir une rationalité; de la rationalité des décisions évidemment justes et argumentées. Un mécanisme mystérieux assèche manifestement la capacité humaine de risquer et d’aller de l’avant.

 

4- Dans la société,  dans une organisation ou une entreprise quelle part donne-t-on à l’exploration ? Veut-on vraiment supporter quelques explorateurs? Ou préfère-t-on le calme du conformisme du chiffre et la quiétude  du connu ?

 

Il est peut-être trop facile de poser ainsi  le dilemme de nos sociétés et de nos entreprises. Mais nous sommes passés de manière uniforme à une civilisation du chiffre, plus apte à gérer la quantité des produits, des avantages,  que la qualité des projets et des relations humaines. Celle-ci permet l’esprit d’exploration, de défi et d’aventure. Celle là pèse et soupèse et sans le vouloir enferme toute chose et tout homme dans un carcan à respecter, des poids et des mesures. Au détriment de la liberté et du risque; de l’imagination et du hasard.

Un livre est à lire en complément, reparu en format poche. 

De l’esprit d’aventure, Arthaud, Gérard Chaliand, Patrice Franceschi, JC Guillbert. Des aventuriers, et des écrivains dialoguent sur ce moteur des civilisations.

 

« Qu'est-ce que l'esprit d'aventure ? Quelle est son importance pour l'individu ? Quel rôle joue-t-il au sein des sociétés ? Souvent restreint à l'exploit sportif ou à l'exploration, la notion d'esprit d'aventure est pourtant bien plus large. Dans ce dialogue à trois, les auteurs partent en quête de l'essence même de cet esprit, revisitant l'histoire des sociétés et interrogeant leurs propres parcours. Aux côtés de personnages réels ou de fiction - Galilée, Kant, mais aussi Ulysse ou Don Quichotte -, ils redéfinissent les liens entre action et réflexion qui ont permis d'élargir le champ de la connaissance. » (Note éditeur).

 

 

 

Ps. La France a la plus ancienne société de géographie, sa revue, Géographie, dans sa version grand format s’est arrêtée,  faute de lecteurs, faute de soutiens. Curieux peuple ! Un passé d’explorateurs extraordinaire, un empire maritime inconnu, et nous admirons la revue américaine National geographic ! Il est vrai, pour notre plus grand plaisir.

 

https://socgeo.com/

 

http://www.nationalgeographic.fr/

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