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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Faut-il brûler les livres de management ?

 

Sans doute faudrait-il moins se précipiter à la sortie de certains titres, ou sélectionner nos achats compulsifs.

 

 

Ah, pourquoi ne pas se l’avouer, tous ces titres rangés sur les étagères d’un bureau de manager servent à peu de monde.

Bien souvent ce collectionneur impénitent n’a pas lu les ouvrages.

 

 

A la première question notre homme botte en touche (désolé, rarement une femme parle de ce genre d’ouvrages, elle est plus réaliste), craintif d’une interrogation un peu poussée, si par malchance il tombait sur un quidam ayant lu le pensum de 350 pages…

 

 

La pirouette la plus commune consiste à dire que le plan est bien structuré et de nous citer une anecdote…

 

 

Plaisanterie mise à part, pourquoi ne lisons nous plus les livres de management, tout en continuant, pour quelques temps, à les acquérir ?

 

Pour quelle raison simples, évidentes, crevant les yeux ?  

 

1- Parce que, pour la plupart, ils sont creux et insipides, sur les 200 à 350 pages, la matière seule d’un bon article résiste au tamis, une vingtaine de pages sans doute, en comptant large !

 

Pourtant, c’est injuste car souvent l’idée forte proposée, ressassée est juste, réaliste, efficace. Il suffirait d’appliquer la méthode, cette méthode et l’on deviendrait un « cador ». Mais voilà, on ne l’applique jamais dans le temps, avec constance. Une méthode qui ne devient pas une seconde nature restera inopérante, à tous coups elle rejoindra le cimetière des bonnes intentions. La méthode martingale n’existe pas, c’est le travail mené dans la tête, dans le corps, dans  le cœur de la personne qui sera sa méthode…pour la vie. 

 

Seuls l’expérience, le témoignage, les explications  de quelqu’un peuvent greffer une méthode sur une vie. A-t-on mesurer que la transmission fonctionne seulement de personne à personne, avec l’une des deux qui exige, propose, rappelle une discipline indispensable.

 

2- Parce que leurs pseudo-enquêtes, venant à l’appui des quelques démonstrations, sentent  le « bidonnage » à plein nez. Exigeons : quelles enquêtes ? Où sont déposés les résultats ? Quelles sont les méthodes d’analyse statistique ? 

Quelques best-sellers célèbres de livres de management nous avaient éblouis dans les années passées. Tombés du piédestal, ils froissent tous les autres. Livres de management et articles dits de recherche devraient sur des cas limités et précis publier un appareil critique de style universitaire dont on s’est bien moqué mais qui prouvait que la personne lisait et étudiait ce dont elle parlait.

 

3- Parce que enfin ils ne touchent pas l’essentiel. Il est vrai que nous sommes de biens curieux animaux… Nous prétendons refuser les idées générales, nous exigeons du pratico-pratique (l’affreuse expression), mais nous sentons que notre esprit, notre cœur ne bougent pas. Il faut un autre levier pour mouvoir (…motivation…), pour remuer la pâte humaine. Globalement il y a deux leviers puissants : l’intérêt et l’amour ou le don. L’intérêt nous préserve. Le don nous fait grandir.

 

 

Il faut saluer la sortie en format poche chez Seuil de l’ouvrage d’Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy, La révolution du don.  Ce livre, il me semble, n’appartient pas à la catégorie des livres rapides, non pensés de la rubrique management des catalogues.

 

Le sous-titre intimide : le management repensé à la lumière de l’anthropologie.  Mais au fond, il n’est pas faux de dire que sans don, ou par le seul égoïsme personnel, une organisation ne peut vraiment fonctionner et atteindre une efficacité satisfaisante. Nous l’avons tous vécu.  Peut-on intégrer, former, écouter, accompagner les autres sans donner du temps, de la patience, du savoir, plus qu’il n’en faut ? Et  dans le don, ne réside -t-il pas la source vraie de la motivation ? On donne, en construisant, en faisant, en montrant et non en disant.  Quand on donne, le secret est de comprendre que c’est à soi même que l’on donne.

 

Lisez à fond ou picorez seulement la révolution du don. Ce livre approfondi ou survolé vous oblige à plonger au cœur du réacteur. L’âme d’un management ne peut jaillir de normes empilées les unes sur les autres. Il faut donner un peu de notre être.

 

 

 

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