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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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A l'affiche

Robot, viendrait de robota (tchèque), travail, besogne. Il faut lire Nicholas Carr.

 

Être asservi seulement au travail, c’est devenir esclave...

Voilà le décor planté, les rôles répartis. Quelle puissance que le sens des mots. Changer le sens des mots serait-il changer un peu la réalité ? Car depuis des mois les débats sur  L'IA par ci, l'IA par là, nous expliquent que bientôt nous serons soumis, avec l’intelligence artificielle, aux robots, voire nous deviendrons des sous-robots, dotés de quelques réalités humaines augmentées de merveilleuses possibilités. Enfin tous ces discours vont et viennent à me donner le tournis. Serai-je comme un dieu ? Ou simplement un esclave d'esclave à l'activité réduite ? 

 

Nicholas Carr nous avait enchanté par son premier livre, Internet rend-il bête ? (2011). Il revient avec un nouvel opus majeur : Remplacer l'humain, critique de l'automatisation de la société. (Édition L’Échappée).

 

L'écriture américaine quand elle est intelligente, est prenante, nourrissante. N. Carr structure ses chapitres avec anecdotes, histoires, enquêtes. Avec lui, nous touchons du doigt les bienfaits, les caractéristiques et les méfaits de l'automatisation. 

 

On découvre stupéfait par exemple un document de l'aviation civile américaine sur le danger de la situation de pilotes ne gérant plus que le pilotage automatique et perdant ainsi , en cas d'incidents, la capacité de « reprendre le manche » et de réagir.

 

On perçoit aussi les bienfaits de la médecine-data. La machine analyse et préconise un traitement. Bonjour la relation et l'adaptation à l'homme concerné et souffrant. L'homme pourtant n'est pas une machine mais un composé de corps et d'esprit avec une âme libre.

 

Des exemples très riches sur l'architecture et la mécanisation de la CAO sont passionnants. Les tâtonnements de l'homme font des Cités vivables, la CAO crée du reproductible...C’est oublier que du désordre apparent nait l’harmonie.

 

 

Les multiples cas envisagés dans l'ouvrage marquent plusieurs travers pernicieux de la généralisation de ces beaux mécanismes inventés par l'homme. Et si nos qualités, qui paraissent des tares à certains, étaient nos meilleurs atouts ? Provoquer ou recevoir l’inattendu, déclencher et accepter le désordre, passer sans cesse d’une vision rationnelle à un regard émotionnel, rétif au changement tout en changeant souvent. Et au final, sur la durée, quelle fascinante capacité d’adaptation !

 

L'homme éteint certaines de ses qualités/capacités à ne plus les utiliser. La main, le cerveau sont liés. Découpler les deux, ignorer notre être et sa capacité d’apprentissage au long cours c’est abaisser systématiquement  notre niveau d'action  et de compétences. Apprendre à lire et ne jamais lire…

 

Rendre humaine l'automatisation est le travail des penseurs, chercheurs, entrepreneurs. Redonner de l'intérêt et de la puissance aux qualités humaines est le travail de notre génération. Jacques Ellul, dans les années 70, alertait en vain sur les dangers de la technique non maîtrisée. Il faudra se replonger dans son œuvre. Pour ce grand esprit, la technique et le conformisme lié pouvaient devenir un nouveau totalitarisme.

 

En 1962 JF Kennedy, dans un discours, fixe le dilemme homme/machine, cela reste valable pour notre temps :

"Nous croyons que si les hommes ont la capacité d'inventer de nouvelles machines qui suppriment le travail des hommes, ils ont aussi le pouvoir de leur redonner un emploi". 

 

La question du travail reste au cœur de la structuration de chaque homme et partant de la société dans laquelle il vit.

 

Une dissociété n'accueille plus une partie des siens ! Combien de temps cela restera-t-il supportable ? Certains s’accrochent, pour survivre, au radeau de la Méduse. Il leur semble évident que d’autres n’y soient pas ou plus.

 

 

 

Ps Quelques formules cueillies dans l'ouvrage de N.Carr.

 

"L'automatisation nous transforme en observateurs passifs. Au lieu d'être aux commandes, nous nous contentons de regarder un écran. Cette évolution nous simplifie sans doute la vie, mais elle a un profond impact sur notre rapport à la connaissance et à l'apprentissage."

 

"Bien que feuilleter les pages d'un dossier papier puisse aujourd'hui sembler archaïque et contre-productif, cette méthode de lecture donne au médecin une première idée des antécédents médicaux du patient sur plusieurs années.  La présentation plus rigides des informations sur écran l'empêche d'avoir une vision d'ensemble de la situation."

 

"…Et si le prix à payer des machines qui pensent était des gens qui ne pensent pas ?" ( G.Dyson).

 

 

Sites à visiter

 

https://www.lechappee.org/accueil-nouveautes

 

http://www.nicholascarr.com/

 

http://robots.arts-et-metiers.net/

 

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