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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Le travail vu aujourd'hui : une danse macabre ?

 

La danse macabre illustrant ce billet  n'exprime-t -elle pas le danger de se laisser entraîner et de se perdre. Des visions apocalyptique dressent un avenir sombre, des populations entières privées de travail. La danse macabre au Moyen-Age signifie le cortège des maladies, des peurs, de la mort. Il faut sortir de cette danse. Rien n'est facile mais il faut analyser la réalité pour multiplier des micro-solutions réalistes. Dresser des perspectives, présenter des prospectives ne doit pas s’entendre en mettant en avant scénario catastrophe ou craintes. A quoi bon ?

 

 

Avant d'écouter les experts, écoutons notre expérience !

 

Il est impératif de se replonger dans notre expérience concrète pour ne pas verser dans le fossé. Il est impératif pour chacun d'adopter des critères de jugement simples. La littérature sur la notion de travail est parfois inquiétante d'irréalisme.

 

Le projet utopique.

 

On voudrait croire ce que l'on nous dit. Les modifications du code du travail devraient libérer l'énergie de toutes les parties et faciliter l'emploi. Soyons plus prosaïques: cela renforcera la nécessité de demander l'appui encore plus systématique des avocats spécialisés. L'ingéniérie juridique est une idée forte et efficace quand, venant en amont de toutes questions, elle bâtit des réponses en anticipation et non en simple réaction à des contentieux. Mais la multiplication des négociations, des accords,  des textes, avec cette liturgie complexe, va-t-elle vraiment fissurer la chape de plomb qui pèse sur les entreprises ou renforcer la peur du droit chez les entrepreneurs, surtout dans les petites entreprises ?

 

L'objectif majeur était-il bien de renverser le sens de la courbe du chômage, toujours désespéremment ascendante ? Nous pourrons tous le mesurer. Il faudrait libérer le travail ? Hum, en avoir un est déjà l'essentiel !

 

Évident,  tout le monde devra se faire greffer une puce dans le cerveau pour être au taquet et au niveau ! Pour vous effrayer lisez l'entretien publié par 20 Minutes (Laurent Alexandre, La guerre des intelligences chez Lattès, 7/10/2017).

 

Quelques extraits de l'entretien, mais se reporter à l'intégralité de l'entretien :

 

"L’école aujourd’hui ne prépare pas les enfants, notamment des milieux défavorisés, à résister à l’IA.…"

 

"Sur quoi faut-il miser dans le futur ?

Les humanités, l’esprit critique, tout ce qui est multidisciplinaire. L’IA ne sait pas faire du transfer learning…"

 

"Tout ce qui est professionnel, technique, va être balayé par l’intelligence artificielle. Un comptable n’a pas sa place en 2030. Sans parler du cas des chauffeurs routiers avec des camions qui sauront conduire seuls dans les vingt prochaines années. Tout ce qui est "savoirs techniques" va poser un problème. Aujourd’hui, on forme les enfants à des métiers qui ne leur permettront pas d’être compétitifs face à l’intelligence artificielle. Il faut les éloigner des secteurs où l’IA sera forte.…"

 

"Si vous pensez que c’est un bac -2 qui va débugger l’intelligence artificielle, vous vous trompez. C’est comme penser qu’un cantonnier va faire fonctionner une centrale nucléaire.…"

 

…"je n’ai aucun souci pour les radiologues qui sont bac + 10, je suis plus inquiet pour les camionneurs.…"

 

Lisez l'entretien intégral sur 20Minutes, illustré par une photo de robots…

http://www.20minutes.fr/high-tech/2146311-20171007-intelligence-artificielle-futur-seuls-gens-tres-intelligents-tres-doues-trouveront-travail

 

Peurs, stigmatisation (des catégories entières d'emploi disparaîtront, finis, par exemple, les camionneurs), bac+ 10 n'ayant rien à craindre de l'IA ( intelligence artificielle)... 

 

Bien interrogeons nous, ne faut-il pas greffer une puce de bienveillance et de bon sens ? Que faire de ces propos et de ces livres de vulgarisation apocalyptique ? Analyser pas à pas la réalité pour dégager la route.

 

 

La pesante réalité.

 

Pour autant la réalité est difficile à cerner, les solutions générales échouent souvent.

 

 

 

 

1- Connaissez vous un comparatif simple, européen, des avantages, durée et montant des diverses allocations liées à la perte d'emploi et de leur influence sur les courbes de l'emploi ? Est-il vrai que les allemands ont limité durée et montant pour faciliter le retour à l'emploi ? Chacun recherche naturellement des solutions plus fortement quand un terme se rapproche. Ce n'est ni facile, ni évident. Il faut préserver les plus âgés, les plus faibles. Il y aura toujours des cas difficiles. Le carcan juridique est-il le vrai problème ?  

 

 

 

Pour autant, il faut raison garder,  les situations démographiques des pays ne sont pas les mêmes. La France, avec une autre situation démographique (que dire de l'actuelle démographie, quelles leçons en tirer ? ), serait à un niveau assez équivalent de l'Allemagne en taux de chômage.  Voir cette vidéo de Xerfi. Analyse à croiser avec un nouveau fait : le nombre important de migrants accueillis outre Rhin.

http://www.xerficanal-economie.com/mobile/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-chomage-en-Allemagne-et-en-France-a-contre-emploi_3744135.html

Les décideurs buttent sur une connaissance factuelle assurée. Sommes nous sûrs de nos chiffres ? De nos experts ?

 

2- Avez vous réalisé des entretiens d'embauche où la personne que vous voudriez retenir,  et qui est au chômage, vous dit :" je suis disponible dans x semaines seulement ". La fin du versement des indemnités… Que dire ?

Avez vous été confronté à des salariés qui attendent assez impatiemment une rupture conventionnelle ? Est-il raisonnable de voir des salariés de tout niveau accepter ou provoquer une rupture en disant "je vais prendre le temps de la réflexion". Nous ne parlons pas ici du cas des salariés perdant leur emploi pour un vrai motif économique.

 

3- Ne sommes nous pas irréaliste d'attendre tant de choses du travail ? Bonheur, bien-être, équilibre, partages, temps libre… et le travail dans tout cela ? … Le travail n'a-t-il pas toujours été le moyen de se nourrir, de vivre décemment ? Bien sûr en étant considéré, respecté. Bien évidemment en étant formé. Heureusement en nouant des relations, en provoquant des découvertes, en s'enrichissant des expériences. Mais d'abord il s'agit de vivre. Les gens les plus simples, ceux qui "subissent" aujourd'hui, ne vont pas chercher plus loin. S'ennuyer au travail est un drôle de phénomène.

 

4- On ne peut se former sur tout indifféremment, passer d'un secteur d'activités à un autre facilement. Il faut du temps pour assimiler des connaissances, des gestes, des tours de main. Les personnes universelles passant d’un coup de baguette magique de la pâtisserie à la mécanique peuvent-elles réussir ? La formation, panacée à tous nos problèmes d'emploi,  s'avérera un échec, surtout quand on investit trop sur le comportemental. Il n'y a pas que l'attitude et le comportement pour tenir un poste, il y a tout simplement les savoirs-faire qu'il faut bien assimiler sur le court terme et moyen terme.

 

5- Notre société multiplie les emplois de contrôle au détriment des métiers de production qui seraient dévalorisés. Le contrôle développe un esprit particulier : on vit sur l'existence de normes que l'on applique aux autres. Il y a diffusion d'une maladie aiguë dans nos sociétés : la normopathie. La production apprend le réalisme car tout ne peut se faire, ni tout de suite,  et on met à disposition de clients des biens qui rendent un service. Cette démarche est hautement éducative et créatrice de richesses. C'est une orientation qui ne se ferme pas sur elle même.

 

6- Disparition du travail ? Les sociétés anciennes avaient un volet très important des activités (on ne peut dire emplois) qui n'étaient que l'organisation de l'autosubsistance, exemple du monde paysan disparu. Quel type de solution équivalente nos sociétés post-industrielles sauront-elles inventer pour traverser ce temps de disparition d'une partie des postes de travail ? Nous ne pourrons pas nous en dispenser.

 

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