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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Le Travail : " Un piège à bagnards " ? (Audiard, Archimède le clochard)

 

Osée cette formule ! Il n'y a que les dialoguistes comme Audiard qui pouvaient se permettre de telles associations de mots. La gouaille d'Archimède le clochard, joué par Jean Gabin, face à l'envie d'un autre clochard, joué par Dary Cowl, laisse songeur.  Au delà du personnage, quand on écoute cela à notre époque que pense-t-on ? Que croit-on ? On se laisse glisser… et on finit par se dire que certaines situations sont si dures, si incroyables de précarité que l'outrance n'est pas si forte.  Mais voilà toute une série de paradoxes qui décrivent notre monde: liberté, flexibilité, autonomie, précarité …

Les rencontres des derniers jours favorisent la réflexion.

La photo illustrant ce billet est révélatrice. Arrivé en gare, un VTC m'attend, sympathique, accueillant. Je suis fasciné par son tableau de bord éclairé de six écrans de portables, tous allumés, tous en fonctionnement. J'ose lui demande de quoi il s'agit…

 

Ce sont six applications de transport : Lecab, Uber, Chauffeur privé etc… il jongle de l'une à l'autre pour ne rater aucune course, n'avoir aucun temps mort, il doit rentabiliser son temps. Il s'est même créé un tableau de bord analysant toutes les familles de courses.  Après un service de nuit comme VTC et un court repos, il passe à une autre activité de jour. Par plaisir ? Par intérêt ? Par nécessité évidemment ! Il m'explique gentiment les mérites et défauts de chaque application : le pourcentage prélevé par l'application, son ergonomie. Ne perdre aucune course est une obsession. Pour telle application il faut garder le doigt appuyé trop longtemps pour être certain d'avoir une course enregistrée… Cours y vite, cours y vite…

 

 

Le lendemain, nouvelle course avec un VTC, serviable, conduite très agréable, nous voilà partis à discuter des mérites des applications de VTC. F… m'explique son parcours. Technicien réseaux dans une SSII, ayant beaucoup travaillé pour la téléphonie, il s'est reconverti il y a deux ans. Il en est ravi ! Il gagne plus et maîtrise son temps en pleine autonomie. Il fait beaucoup d'heures dans la journée, mais il en choisit les créneaux. Le maître mot : liberté et surtout plus de rapports hiérarchiques.  L'autorité en entreprise a du plomb dans l'aile…

 

Visite d'usine. Rien de changé, les années passent, le confort au travail reste très spartiate. Dans les années 80, un principe était posé par des directions clairvoyantes. Un salarié doit avoir le même confort et sensation de confort  au travail comme chez lui. Une forte disparité créerait une insatisfaction, un rejet. Est-ce le cas ? N'a-t-on pas oublié ce sain principe ? S'interroge-t- on sur les raisons de difficultés de recrutement dans les usines  ?

 

Start-up, réception d'un nouvel embauché. Tout est beau, les murs sont aussi gais que ceux des jardins d'enfants enchanteurs d'une enfance rêvée. La maitresse de maison offre un chocolat… Que de différences avec ces entreprises "vieux jeu" qui ne savent pas s'adapter. 4 mois après, surprises ! Le chef demande des comptes, les collègues exigent  des solutions qui leur vont bien, ainsi va le Monde ! Le must, ces dernières années, était dans les grands groupes de vivre quelques semaine une expérience Start-up… pour faire ensuite"bouger les lignes"… On sent aisément le caractère artificiel de ces pratiques. Il s'agit surtout de modifier, d'adapter Notre réalité et non de chercher un monde idéal.

Uberisation, nouvelles frontières du travail ? Travail salarié classique, la modernisation est-elle si présente ? Ce qui est sûr, c'est que des leçons s'imposent pour ne pas risquer la sortie de route en méditant sur un tel sujet.

 

1- Le travail pour la grande majorité est une obligation pour atteindre le nécessaire vital. La durée du temps de travail n'est pas première. L'essentiel: s'en sortir.

2- Le monde actuel ouvre un champ des possibles.  On cumule des activités, parfois pour ne pas couler. Le temps de vivre s'amenuise. Mais pour autant, des entrepreneurs apparaissent qui organisent le travail  et  créent ainsi une richesse, pour eux, pour les autres.

3- Dans le travail, la vraie dignité c'est vraisemblablement retrouver de l'autonomie dans son organisation personnelle et ses horaires.

4- Les robots existent mais les hommes continuent de travailler. Le travail ne doit pas détruire l'être humain et doit lui procurer des conditions de travail physiques correspondant à notre époque.

5- Les fantasmes du genre: " il n'y a plus d'ouvriers"; "demain le travail style start-up se répandra" sont des aberrations. Chacun doit reprendre les faits, les chiffres. Nous avons besoin d'une industrie, les postes doivent redevenir attractifs. Les délocalisations ont certainement ralenti, figé les progrès en la matière.

6- Nous créons des nouvelles formes de travail, oui sur certains créneaux.  Les start-ups sont-elles un modèle universel ? Travailler sur un canapé, se balader en chaussettes, boire des bières dans l'espace de coworking n'est ni bien, ni mal. C'est bien mal décrire les contraintes réelles du travail dans une start-up. La seule question est de créer l'activité, puis de travailler efficacement dans la durée avec des résultats tangibles. 

 

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