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Les mains visage de l'âme ?

22/01/2018

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Le travail aujourd'hui disparaît comme l'eau dans le sable

Le travail est sous les feux de nombre d'analystes. De nombreux livres paraissent, certains méritent un détour, nous y reviendront. D'autres entretiennent la peur de la disparition de toutes activités pour les hommes sous la pression de l'Intelligence Artificielle. Ce sujet fera l'objet de plusieurs posts au gré de nos lectures.

 

Les constats immédiats paraissent aveuglants : destruction d'emplois, au delà des délocalisations; automatisation, arrivée des robots qui après avoir chassé les ouvriers des usines remplaceraient les cols blanc… voici le monde de Trepalium qui s'avance. 

Trepalium est une série assez effrayante qui montre une société où 20 % des gens ont une activité et dirigent tout, face à 80% des habitants qui survivent dans un ghetto sans vrai travail. (http://sites.arte.tv/trepalium/fr) Un monde désespéré et désespérant.  Les séries ont ce mérite de poser de manière dramatique un décor, un problème et vous laissent mûrir le sujet…

 

D'autres constats pourraient être faits : nouveaux types d'emplois qui apparaissent, emplois traditionnels qui résistent. Le monde du travail de demain ne ressemblera sans doute pas au monde rêvé des starts-up. 

La Revue des deux Mondes (la plus vieille revue française) a organisé un débat entre Dominique Méda, sociologue (auteur de très nombreux ouvrages sur le thème du travail) et Nicolas Bouzou qui vient de publier un ouvrage sur le travail aujourd'hui qui tente de ne pas entrer dans une vision catastrophique.

 

Extrait de ce dialogue.

(…)
"Revue des Deux Mondes – Nicolas Bouzou, dans votre livre Le travail est l’avenir de l’homme, vous combattez le mythe selon lequel les innovations technologiques détruiraient les emplois sans en recréer d’autres. Sur quoi basez-vous votre analyse ?

Nicolas Bouzou – Il y a d’abord un argument historique. La peur de la fin du travail existe depuis que le travail existe sous sa forme moderne, c’est-à-dire depuis le début de l’ère chrétienne. Les premiers grands empereurs romains (Vespasien, Tibère…) comprennent bien le mécanisme de destruction créatrice schumpétérien et considèrent que l’innovation va détruire les emplois. Ce risque a été infirmé tout au long de l’Histoire : la reine Elisabeth Ier en avait peur, le maire de Palo Alto (dans la Silicon Valley) avait écrit au président Hoover en 1930 craignant que la technologie détruise les emplois de sa ville et, à terme, la civilisation etc. Cette peur s’est toujours démentie pour une simple raison : on détruit des emplois, mais les besoins étant illimités, on en recrée encore plus.« Les pays qui innovent le plus, dont les entreprises incorporent le plus de robots et d’intelligence artificielle, sont des pays qui connaissent le plein emploi."

 

Le deuxième argument est économique. Il n’y a aujourd’hui aucune étude montrant que le processus de destruction créatrice ne fonctionne pas ou moins bien qu’avant. Au contraire, on constate que ses effets fonctionnement mieux aujourd’hui que dans les années 1970. Les pays qui innovent le plus, dont les entreprises incorporent le plus de robots et d’intelligence artificielle (certains pays scandinaves ou asiatiques comme la Corée du Sud), sont des pays qui connaissent le plein emploi.

Enfin, et c’est le dernier argument, l’intelligence artificielle fait des progrès exponentiels, conduisant à penser que nous verrons un jour une intelligence artificielle dite « forte », c’est-à-dire qui aurait conscience d’elle-même et serait capable de faire énormément de choses. Mais le fait que cette intelligence artificielle dispose de capacités de calculs très importantes ne génère pas de chômage en soi. C’est simplement une nouvelle spécialisation qui poussera à une nouvelle division des tâches. Il peut y avoir un chômage transitoire, le temps de former les gens et d’inventer de nouveaux métiers. Mais sur le long terme, il n’y a aucune raison que l’équilibre soit modifié." (…)

 

http://www.revuedesdeuxmondes.fr/sera-visage-travail-de-demain/

 

Ces arguments sont aussi à garder en mémoire quand le discours catastrophique s'étend.

 

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